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en Réduction des Risques Alcool

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Postures RdR Alcool

De nouvelles postures pour "faire autrement"

La RdR Alcool nécessite en tout premier lieu d’intégrer dans la relation aux personnes une façon très spécifique d’envisager l’alcool.
Cette approche induit un changement de perspective par rapport à :

  • nos acquis culturels concernant l’alcool 

  • nos actions pour maîtriser sa consommation.


Dans une logique de RdR Alcool, il est préalablement nécessaire d’évaluer et de faire évoluer les représentations que nous avons sur 

  • le produit, 

  • la place que nous lui accordons, notamment dans l’accompagnement des personnes 

  • les solutions que imaginons et que nous proposons.

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Les postures de réduction des risques à l'alcool peuvent être abordées selon 3 niveaux d'intervention qui font chacun référence à de nouvelles façons d'aborder les questions d'alcool avec les personnes. 

Postures RdR Alcool pour lutter contre les représentations 

La réduction des risques et des dommages associés à la consommation d’alcool (RdRDA) est la déclinaison, pour le produit alcool, du paradigme de « réduction des risques et des dommages (RdRD) » initialement limitée aux usages de stupéfiants. En 2016, la loi de modernisation de notre système de santé l’a élargie à toutes les conduites addictives, incluant les usages de produits licites tels que l’alcool ou le tabac.
La RdRD reconnait l’existence d’usages et de comportements à risques et, plutôt que de contraindre les usagers, elle s’attache à transmettre les ressources et les aides qui permettront aux consommateurs d‘exercer au mieux leur pouvoir d’agir, afin de limiter les conséquences négatives des consommations de substances psychoactives.

Dans le contexte culturel français, l’alcool est un objet complexe chargé de représentations, positives mais aussi rapidement et fortement stigmatisantes. Les messages de préventions et plus globalement le marketing social sur la consommation d’alcool sont majoritairement grand public, informant sur la dangerosité de l’alcool et en conséquence sur les repères de consommation à moindre risque. Il existe peu de communication spécifique et ciblée, orientée vers les personnes en difficulté avec leurs consommations d’alcool. Ce manque de lisibilité sur les diverses propositions d’accompagnement contribue à retarder la proposition ou la mise en œuvre de solutions d’amélioration.

consultez le diaporama "La RdR Alcool : Changez de pratique!"

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Les principes d'action en RdR Alcool  

  • Faire avec la réalité des situations des personnes
    Il s’agit de chercher à accéder aux besoins spécifiques de la personne. Ce principe sous-tend toute la construction de la relation et la juste place que pourra trouver l’intervenant auprès de la personne pour agir, avec elle, sur ses besoins spécifiques et sur l’évolution de sa situation au cours de l’accompagnement.
  • Agir de manière pragmatique
    L’intérêt des actions de RdR Alcool réside dans les conséquences pratiques qui pourront être observées par la personne. Cette approche est donc fondamentalement pragmatique et co-construite à partir des ressources de la personne et de la technicité de l’accompagnant. Ce processus d’évaluation fine de la situation vécue permet d’élaborer les actions qui permettront d’engager les stratégies de changement les plus adaptées aux souhaits ou possibilités de la personne. Dans cette visée pragmatique, seront donc valorisées la capacité à s’adapter aux contraintes de la réalité ainsi que la capacité d’agir dans ce contexte. C’est pourquoi la RdR Alcool proposera d’agir dans certains cas sur les pratiques de consommation alors que dans d’autres cas, ce seront des actions sur la situation/contexte de vie qui seront vecteurs de changement.
  • Faire avec les consommations d'alcool
    Il s’agit du principe de base RdR auquel se rattache l’approche. Cette notion induit, tout au long des échanges avec la personne, la nécessité d’intégrer la place et le rôle pris par l’alcool. Il s’agit de construire une expertise partagée et singulière des modalités de consommation pour repérer les risques et les points d’évolution et amélioration possibles. Les actions RdR alcool sont menées à partir de cette réalité de consommation. Le principe de « faire avec » doit permettre de ne pas conditionner l’action à un changement préalable et significatif des consommations d’alcool. Le principe de « faire avec » permet de porter une attention à l’évolution des consommations et d’accompagner les changements
  • Tenir compte des difficultés pour certaines personnes de se contraindre aux propositions d'arrêt ou d'abstinence
    Il s’agit de rassurer et d’apaiser les personnes pour qui l’engagement dans un parcours d’arrêt et d’abstinence reste un objectif inatteignable, quelle qu’en soit la raison. Reconnaitre cette difficulté permet d’une part d’aborder les représentations qui parfois empêchent la demande de soutien et culpabilisent la personne et d’autre part, d’introduire un accompagnement jalonné d’étapes plus adaptées. Ce principe permet alors d’agir sur de nouveaux leviers comme l’observation et la prise en compte des risques : alimentation, l’hydratation, soins, situation sociale…
  • Tenir compte de la stigmatisation et des représentations négatives qui excluent des dispositifs
    Il s’agit d’un axe majeur dans l’approche RdR Alcool. La stigmatisation, la honte, les représentations négatives, l’idée communément admise de ne pas être assez mobilisé sur le changement de modes de consommation restent les points de crispation et de non-recours aux dispositifs les plus fréquents. Ce principe d’intervention doit apporter à la personne un réconfort, un décryptage des préjugés et une réassurance. Le rôle de l’intervenant dans l’approche RdR Alcool est donc d’aborder et de rendre lisible le poids des standards culturels sur lesquels l’approche apporte un autre regard.
  • Favoriser une approche globale et intervenir sur l'ensemble des situations qui ont une incidence sur les consommations
    Il s’agit de ne plus isoler la question des consommations d’alcool de l’ensemble des problématiques vécues par la personne. Ce principe introduit l’idée d’une approche holistique de la situation de la personne, où la consommation d’alcool est à la fois partie et résultante d’un ensemble de facteurs. Agir en situation globale revient à agir sur des difficultés spécifiques pour améliorer la situation de la personne et observer les effets sur la consommation. De manière simultanée cela revient également à agir sur l’évolution des consommations d’alcool au regard des autres éléments du contexte de vie de la personne pour ancrer le changement dans une réalité pérenne.
  • 2/ Evaluation et analyse des besoins
    - Recueillir les informations RDR A essentielles et nécessaires - Repérer les ruptures / risques / besoins spécifiques - Traiter les informations - Etablir le plan d’action
  • 3/ Sécurisation
    - Porter attention aux mises en danger et aux risques pris ou encourus - Aborder les points de vigilance RDR - Eviter les mises en danger et l’aggravation des situations - Engager les actions qui permettent de répondre aux ruptures de soins
  • 1/ Accueil et alliance
    - Accueillir la personne - Informer et présenter l’approche RDR A et la méthode iaca - Créer les conditions de l’alliance
  • 4/ Stabilisation et recherche d’amélioration
    - Accompagner la personne à Réduire les Risques liés à sa consommation d’alcool - Construire un accompagnement de proximité, sur mesure et co-élaboré avec la personne - Mettre en œuvre une pratique de l’aller mieux
principes d'action
3 niveaux

Les différents niveaux d'intervention en RdR Alcool  

...c'est déjà réduire les risques 

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Changer de perspectives ...

autrement

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Accueillir

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Accompagner

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Parler

Parler autrement de l’alcool 

 

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Entrer dans une démarche de RdR alcool pose le préalable du changement de perspectives sur l'alcool pour changer de regard sur les personnes en difficulté avec leurs consommations.

C’est pourquoi, l’approche de réduction des risques alcool aborde en première intention la façon dont l’alcool et la consommation d’alcool peuvent être parlés.

 

… c’est déjà réduire les risques 

L’accent est mis sur l’échange, la communication bienveillante et positive, la remise en cause des préjugés ou idées reçues, l’existence de solutions adaptées en axant le discours sur le champ des possibles en matière de reprise en main de ses consommations.
Parler d’alcool dans une posture RdR Alcool s’inscrit alors dans une dynamique de réassurance en tenant compte de l’impact du regard social et de la nécessité de s’en détacher, de prendre le contrepied des postures incriminantes auxquelles sont confrontées les personnes consommatrices.

" Parler d’alcool autrement" demande donc de s’interroger sur la terminologie et plus précisément sur les représentations qui « collent » aux mots communément utilisés, notamment dans un cadre professionnel. Ainsi, les termes fortement connotés et/ou dévalorisant les personnes devront faire place à de nouvelles formulations pour soutenir le changement d’approche concernant les consommateurs d’alcool. 

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  • Repérer et bannir les terminologies connotées  

  • Communiquer sur l’approche RdR Alcool et ses spécificités 

  • Utiliser des termes inclusifs, bienveillants et porteurs d’espoir 

  • Construire un argumentaire portant l’idée de changement, d’amélioration et/ou de rétablissement 

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Accueillir autrement les personnes consommatrices 

… c’est déjà réduire les risques 

Elément crucial dans le processus d’inclusion, la fonction d’accueil doit également être repensée au prisme de l’approche RdR Alcool. Les personnes consommatrices d’alcool, très souvent ostracisées ou repoussées dans leur quotidien, doivent pouvoir repérer rapidement et sans conteste, le fait qu’elles seront les bienvenues dans un lieu et qu’elles n’auront pas à subir une relation les mettant en difficulté.

Les postures d’accueil en RdR Alcool doivent donc permettre d’envoyer ces signaux pour transmettre des premiers ressentis positifs en indiquant à la personne qu’elle est au bon endroit auprès du bon interlocuteur pour venir solliciter un soutien sans risquer un rejet ou de se retrouver en situation de jugement.

L’accent doit être mis sur une communication, une signalétique et des postures d’accueil affichant les principes de non-jugement, d’inconditionnalité et de compréhension des besoins de réassurance.  Cela passe par la reconnaissance de la difficulté à "aller vers le professionnel".

Toute la dynamique de l’accueil sera alors de rendre possible et de faciliter la démarche d’aller-vers entreprise par la personne, de lui donner à voir qu’elle a bien fait d’oser, qu’elle peut venir à la rencontre, qu’il y a un espace possible pour aborder sa situation, ses questionnements.

Ces postures d’inclusion s’articulent autour de l’idée que solliciter du soutien est difficile notamment quand on s’expose à un possible regard réprobateur et donnent à l’intervenant, à l’équipe et au dispositif le rôle de facilitateur de la rencontre.

Il s’agit alors de faire appel à des notions de convivialité́ pour signifier dès l’entrée dans le lieu que les personnes doivent pouvoir s’y sentir à l’aise et accueillies, en portant attention à éviter toute symbolique dévalorisante concernant l’alcool.

 

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  • Signifier que la personne est attendue et qu’elle est la bienvenue, comme elle est.

  • Réassurer la personne, tenir compte du sentiment de honte, et adopter une communication et une posture non jugeante.

  • Tenir compte des craintes et appréhensions (regards, jugements, postures réprobatrices, rejets, refus ou reports d’entretien/soins) et prendre l'initiative de l'aller-vers.

 

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Accompagner autrement les personnes consommatrices 

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… c’est déjà réduire les risques 

La démarche de réduction des risques est déclinable dans un nouveau processus d’accompagnement qui porte la spécificité et les marqueurs de l’approche RdR Alcool. Ce modèle d'accompagnement cherche à articuler l'accompagnement à la gestion des consommations et l'accompagnement des situations de vie, toujours dans un objectif d’intervention globale. Cette nouvelle voie est empruntée à partir de l’évaluation fine des besoins de la personne et pose donc les bases du « faire ensemble » pour co-construire les pistes de solutions possibles.

C’est ainsi qu’un nouveau parcours de soins se dessine avec de nouveaux enjeux,  à partir des besoins singuliers de la personne,  de l’évaluation des changements possibles, des ressources mobilisables, des paliers d’action envisageables qui teintent l’accompagnement d’ajustements réguliers et nécessaires pour coller à la situation en temps réel.
L’approche RdR Alcool invite alors l’accompagnant à animer la coordination d’un ensemble d’actions pour porter la cohérence globale de la proposition d’accompagnement du parcours de soins de la personne.
Cette dynamique doit permettre d’améliorer la fluidité du parcours et engager ou réengager des personnes consommatrices d’alcool dans un parcours de santé en tenant compte des freins, des obstacles ou des difficultés liés à leurs consommations.​

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  • Créer l’accroche et l’alliance par des postures RdR Alcool

  • Recueillir les besoins :  pratiques de consommation d’alcool et situations de vie

  • Repérer et évaluer les besoins, risques, ruptures, non recours sur lesquels intervenir

  • Co-construire  un plan d’action et coordonner les actions au regard des besoins repérés

  • Suivre et ajuster les actions en fonction de l’évolution de la situation de la personne

 

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