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La Réduction des risques Alcool en vidéo
  • Comprendre le concept de Réduction des risques Alcool

  • Pourquoi ce concept est devenu une politique de santé publique

  • Repérer les nouvelles propositions et les nouvelles pratiques d'accompagnement

La RdR alcool en vidéo
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La réduction des risques alcool : Eléments de définition 1/3

Une approche complémentaire 

La Réduction des Risques Alcool est une nouvelle approche qui s'intéresse aux habitudes de consommation d'alcool des personnes. Contrairement à la lutte contre la dépendance, cette approche ne vise pas l’arrêt des consommations mais la réduction des conséquences négatives associées. La finalité est donc l’amélioration de la qualité de vie de la personne que ce soit en conservant ses habitudes de consommation ou en les faisant évoluer. Cette approche promeut l’inclusion et la déstigmatisation des personnes concernées. Elle implique donc un changement des représentations liées au produit alcool et aux personnes qui en consomment.

La RdR Alcool peut se décliner à tout moment, pour toute personne, dans toute situation de consommation. Depuis 2016 elle est intégrée dans les politiques de santé publique.

La réduction des risques alcool : Eléments de définition 2/3

Pour tous, partout, tout le temps 

La RdR Alcool est une approche qui s’adresse à tous les personnes consommatrices d’alcool, qu’elles soient dépendantes ou non. Elle peut être appliquée par chaque personne qui consomme ou par son entourage aidant.

Elle se décline dans le quotidien des personnes en prenant en compte la réalité de leurs consommation dans leur environnement.  Cela sous-entend en première intention de « faire avec » les consommations.

La RdR Alcool ne se focalise pas uniquement sur la dangerosité du produit. Elle envisage aussi le recours à l’alcool comme une  stratégie d’adaptation ou de compensation mise en place par les personnes qui espèrent en retirer des effets perçus comme bénéfiques : par exemple se sentir mieux en groupe, être moins stressé ou encore apaiser des douleurs.

Cette recherche ou obtention d’effets peu s’accompagner de prises de risques que la RdR Alcool s’attachera à réduire. Ils peuvent être d’ordre biologiques, psychologiques ou sociaux.

La réduction des risques alcool : Eléments de définition 3/3

Une nouvelle offre de soin 

La Réduction des Risques Alcool est une offre de soin ou d’accompagnement qui propose de nouvelles modalités d’intervention. Elles peuvent être appliquées à un collectif ou à un individu.

Ces interventions se déclinent en trois niveaux :

  • Parler autrement d’alcool : en favorisant l’émergence de nouveaux discours et de nouveaux messages adressés aux personnes concernées.

  • Accueillir autrement les personnes qui consomment : en mettant en place des pratiques  inclusives, conviviales et protectrices.

  • Accompagner autrement les personnes: en sécurisant en première intention les conditions de vie sans modifier les habitudes consommations et en soutenant les personnes qui le souhaitent dans la recherche de nouveaux équilibres de consommations à moindre risques. 

La haute autorité de santé reprend l’ensemble de ces notions dans leurs recommandations de bonnes pratiques professionnelles.

La réduction des risques alcool : Changer de regard :  1/3

Tous concernés !

Chaque année en France environ 43 millions de personnes consomment de l’alcool.
Cela concerne tous les milieux sociaux et toutes les tranches d’âge : 87% des 18-75 ans consomment de l’alcool au moins une fois par an

En effet le contexte culturel valorise la consommation d’alcool qui est considérée comme un art de vivre et un liant social. Elle véhicule des valeurs positives de sociabilité, de convivialité, de plaisir et de fête.

Cette réalité masque une ambivalence car près 25% des consommateurs sortent des repères de consommation à moindre risque et l’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable avec 41 000 décès par an.

Historiquement le regard social est très ambivalent sur la consommation d’alcool : à la fois valorisée dans certains contexte et dévalorisée dans d’autres.

Selon les études internationales réalisées par l’organisation mondiale de la santé le trouble liés à l’usage dangereux d’alcool est l’un des problèmes de société et de santé les plus stigmatisés.

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Lutter contre les stéréotypes

En France, la société valorise la consommation d’alcool quand elle est partagée, modérée,  festive ou conviviale et qu’elle a lieu plutôt en soirée ou le week-end.

Celles et ceux qui boivent autrement : seuls, sans modération ou plus tôt dans la journée, s’exposent à des jugements négatifs.

Ce regard social et culturel véhicule beaucoup de stéréotypes et d’idées reçues sur les consommateurs : violences, danger ou insécurité et sur leur responsabilité concernant leur situation ou celle qu'ils imposent à leur entourage.

Ces stéréotypes se combinent alors avec les messages d'alerte qui activent la crainte, la peur, la culpabilisation ou encore le danger.

Cette manière d’être considéré favorise une perte de confiance qui renforce les consommations car elle amplifie souvent la honte, le stress et l’isolement. Cette réalité retarde les demandes de soutien ou le recours au soin qui passent nécessairement par une meilleure confiance en soi. Aujourd’hui, la promotion de la santé, comme l’approche RdR Alcool, préconise que pour se rétablir et aller mieux une personne a besoin d’avoir confiance en ses capacités, en son entourage et de ne pas être stigmatisée.

La réduction des risques alcool : Changer de regard :  3/3

Améliorer la prise en compte des risques 

Les personnes qui prennent des risques avec leurs consommations d’alcool, se tournent encore trop souvent vers les soins quand leurs situations se sont aggravées : quand une dépendance s’est installée ou qu’une maladie est apparue. Ces complications ne sont pourtant pas les premières qui surviennent. En amont les personnes rencontrent systématiquement des difficultés sociales et personnelles.

Pour lutter contre les retards et le non recours au soin qui marquent les parcours de consommation, l’approche RdR Alcool préconise de prendre en compte les risques sociaux et considère que tous les risques méritent attention. Avec ce nouveau regard la dépendance devient un risque parmi d’autre. Cette approche encourage les personnes à recourir plus précocement aux soins, dès l’apparition des premières incidences.

Concrètement Pour avoir accès aux risques, l’approche RdR Alcool observe dans le quotidien les pratiques et les contextes de consommation d’alcool et non plus les seules quantités consommées ou leur chronicité. Avec la RdR Alcool une nouvelle question apparait : comment la personne consomme ? Qui vient enrichir les deux habituelles questions du « combien et du pourquoi les personnes consomment ».

L’approche RdR Alcool s’intéresse donc à toutes les manières de boire car même des consommations ponctuelles, socialement acceptées, peuvent comporter des risques.

La réduction des risques alcool : Parler d'Alcool 1/3

Intervenir sur le non recours

Les messages adressés aux personnes soupçonnées d' « alcoolisme » mobilisent le plus souvent: l’activation de la crainte, de la peur et de la culpabilité. Les mots communément employés comme alcoolique, déni, problème d’alcool, rechute etc. sont imprégnés de représentations négatives.

Tous ces messages sont vécus comme humiliants et dégradants pour les personnes concernées. Ils tendent à les enfermer dans une image négative d'elles-mêmes et donc, paradoxalement, à ralentir la demande d'aide et le processus de rétablissement qui passent nécessairement par une meilleure confiance en soi. 

Cette stigmatisation oblige les personnes à taire et à cacher leur consommation et retarde ou empêche le recours au soin.

Pour lutter contre ce processus, l’approche RdR Alcool s’intéresse aux mots utilisés pour désigner les personnes consommatrices d’alcool dont les situations se sont aggravées.

En RdR Alcool l’accent est mis sur une communication bienveillante, positive, et la remise en cause des préjugés. Cette approche souhaite favoriser l’émergence d’un nouveau discours et de nouvelles modalités de communication : non stigmatisante et veillant à ne véhiculer aucun préjugé préjudiciable aux personnes. 

 Parler d’alcool s’inscrit alors dans une dynamique de réassurance en prenant en compte l’impact du regard social et la nécessité de prendre le contrepied des discours stigmatisants auxquels sont confrontées certaines personnes consommatrices.

" Parler d’alcool autrement" demande donc de s’interroger sur la terminologie et plus précisément sur les représentations qui « collent » aux mots communément utilisés. Ainsi, les termes fortement connotés et/ou dévalorisant les personnes devront faire place à de nouvelles formulations. pour soutenir le changement d’approche concernant les consommateurs d’alcool.

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Parler d'alcool est difficile pour tout le monde 

... et plus encore pour les personnes concernées ! Les personnes en difficultés avec leurs consommations ont intégré le regard jugeant ambiant. Un mécanisme d’auto-stigmatisation s’est installé : elles s’en veulent et culpabilisent.

Ce sentiment de honte est un facteur de blocage aujourd’hui largement sous-estimé. Il est alimenté par l’opinion commune qui estime que la personne ment, cache la réalité de ses consommations.

Dans une démarche de RdR Alcool, cette dissimulation sera au contraire considérée comme une stratégie de protection légitime qui permet à la personne d’éviter les jugements, les remarques ou le rejet. En effet si la personne ne confie pas sa relation à l’alcool c’est souvent que les conditions ne sont pas réunies. Elle craint d’être stigmatisée, exclue, contrainte à arrêter de boire.

L'approche RdR Alcool invite le professionnel à tenir compte de ces stratégies de protection en portant la responsabilité de créer les conditions favorables pour qu’une alliance et une confiance s’installe et que la parole sur les consommations se libère.

La réduction des risques alcool : Parler d'Alcool 1/3

Favoriser un environnement propice à l'échange

L'utilisation de terminologies connotées négativement pour parler de l'alcool favorise la stigmatisation des personnes ayant des difficultés avec leurs consommations. Cela renforce les sentiments de honte et d'exclusion, rendant plus difficile pour elles d’en parler et de chercher du soutien. En optant pour des terminologies plus neutres et bienveillantes, on favorise un environnement propice à l'échange.

Dans une approche RdR Alcool certains terme ou notions sont à éviter :

  • Au mot alcoolique pouvant être entendu comme injure, il est préférable d'utiliser l'expression personne consommatrice d’alcool, terme plus neutre, qui n’enferme pas la personne dans une identité négative, ne la définit pas par une incapacité ou ne la réduit pas à une maladie.

  • L’expression problème d’alcool, fréquemment utilisée pour qualifier le recours à l’alcool, sous-entend que la personne se trompe ou fait erreur lorsqu’elle consomme. La RdR Alcool privilégie les termes de stratégies ou de solution considérant que derrière toute consommation il y a une logique à l’œuvre, des effet recherchés et non plus seulement un dysfonctionnement.

  • Dans l’opinion commune la notion de déni, , sous-entend que la personne ment ou n’a pas conscience de son état. Elle fait porter l’entière responsabilité de l’absence de dialogue à la personne qui consomme. La RdR Alcool préfère la notion de stratégie de protection considérant que la personne se protège à juste titre des jugements négatifs.

  • Plutôt que parler de guérison, qui est un objectif idéal et difficilement atteignable, la RdR Alcool préfère la notion de rétablissement qui permet d’envisager une diversité de solutions réalistes et pragmatiques pour améliorer concrètement le quotidien et la qualité de vie des personnes.

L’approche RdR Alcool invite donc plus globalement toutes les personnes et toutes les organisations à réfléchir aux mots qu’elles utilisent. Elle encourage l’émergence d’un nouveau discour et de nouvelles modalités de communisation pour s’adresser aux personnes, et sortir ainsi du tabou.

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